God fortsättning. C’est ce que m’a répondu mon collègue lorsque je lui ai sorti mon traditionnel Happy new year ! Ah, ici on ne dit pas “Bonne année” comme le reste de la planète ?
God fortsättning på det nya året
C’est une expression suédoise que j’ai découverte récemment. Elle signifie littéralement : bonne continuation de l’année. Continuation de quoi ? Du temps qui passe. De ce qui a commencé.
Cette formule est quelque peu singulière, je le reconnais. Mais je trouve qu’elle en dit beaucoup plus sur la Suède que n’importe quel guide touristique.
En Suède, Gott nytt år (comprenez Bonne année) se dit le 1er janvier. Point. Dès le 2 janvier, l’expression est déjà considérée comme périmée. Continuer à la dire après le 1er, c’est un peu comme porter encore son pull de Noël en février : techniquement possible, mais ça ne colle plus. Ainsi, à partir du 2 janvier, on passe au fameux God fortsättning. Et on peut la dire jusqu’à l’Épiphanie (6 janvier), voire jusqu’au Tjugondag Knut, le 13 janvier. Je consacre d’ailleurs un article à cette clôture officielle de la saison.
Certains commencent même à la dire dès le 26 décembre, pendant ce qu’on appelle mellandagarna. Petite parenthèse. J’aime cette manière qu’ils ont de nommer des moods.
Parenthèse fermée. Lol. Revenons à notre mouton.
God fortsättning vient d’un fond culturel très pragmatique, typiquement nordique. Historiquement, dans les sociétés paysannes scandinaves, l’année n’était pas pensée comme une page blanche. Les cycles agricoles, le climat, la lumière, l’obscurité imposaient une continuité très concrète. On ne recommençait pas au 1er janvier. C’était l’épreuve de la survie à l’hiver. On avançait vers le retour de la lumière. On souhaitait que le passage se fasse sans accroc, que la santé tienne, que le travail continue, que la maisonnée reste stable.
Rien de spectaculaire. Mais, au final, tout ce qui compte vraiment.
Il y a aussi quelque chose de presque philosophique dans cette expression. Peu de promesses. Peu de projections abstraites. Mais un souhait ancré dans le réel. Pas “que cette année soit extraordinaire“, mais “que ce qui a commencé se déroule bien“. C’est modeste, presque banal, mais ancré.
C’est une nouvelle leçon que m’apprend la culture suédoise. Le pragmatisme.
Les Suédois ne célèbrent pas indéfiniment. Ils ne souhaitent pas un futur abstrait rempli de grandes déclarations. Ils souhaitent que le mouvement engagé se passe bien. Que la continuité soit fluide. Ce qui quand on y pense n’est absolument pas gagné. Personne ne sait ce que peut enfanter un jour.
Il y a quelque chose de profondément apaisant dans cette logique. On ne repart pas de zéro. On ne fait pas table rase. Et surtout, on ne se met pas une pression démesurée avec des résolutions impossibles à tenir. On fait simple : Poursuivre. Ajuster. Continuer.
C’est modeste, mais c’est solide. C’est discret, mais c’est essentiel.
Je comprends pourquoi cette expression fait tellement sens. Parce qu’au fond, la vie n’est pas une série de recommencements spectaculaires. C’est une continuation. Et souhaiter à quelqu’un que cette continuation se passe bien, c’est peut-être le vœu le plus juste qu’on puisse faire.
God fortsättning la famille !
With Love, Christabel
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